(BFM Bourse) – Les investisseurs sont très favorablement disposés à l’égard du nouveau groupe automobile, qui semble bien mieux armé pour résister à la concurrence mondiale dans un marché en plein bouleversement technologique.

En hausse de 7,6% pour sa première séance lundi, et toujours en hausse de 3,17% à 13,87 euros mardi, Stellantis (l’entité issue de la fusion de PSA et Fiat Chrysler) peut se féliciter du succès de son baptême boursier, d’autant que l’organisation d’une telle fusion n’était pas un jeu d’enfant.

Après le rejet par le gouvernement français de l’idée d’un mariage de FCA avec Renault, en juin 2019, le groupe italo-américain et PSA avait officialisé leur flirt le 30 octobre 2019 et signé un accord de fusion à 50/50 en décembre.

Mais à partir de mars 2020, la pandémie de Covid-19 a plongé l’industrie automobile dans une nouvelle crise, remettant en cause les perspectives de l’opération. En septembre dernier, les deux promis ont dû revoir le contrat de mariage, leurs valorisations respectives n’ayant pas été également affectées (les actionnaires de PSA aurait été désavantagé si la fusion avait été réalisée dans les conditions initialement prévues). Par la suite, le prix de Peugeot comme celui de FCA a pourtant fortement rebondi, de même que le reste du secteur automobile, grâce à l’espoir suscité par le développement de vaccins efficaces contre la pneumonie avec le nouveau coronavirus qui a incité les opérateurs à revenir en masse à ce qu’on appelle valeurs cycliques.

Officiellement créé le 16 janvier après le vote favorable des actionnaires des deux groupes, le nouveau groupe pourra bénéficier d’une taille critique et de la mutualisation des efforts de recherche et développement pour tenter de répondre aux défis posés par la tendance de fond. électrification, véhicules connectés voire augmentés et conduite autonome. Là où deux joueurs de niveau intermédiaire semblaient mal armés, Stellantis pourrait être plus offensif.

De plus, la naissance du nouveau groupe donne enfin aux actionnaires PSA une exposition significative au marché nord-américain, même dépassé par la Chine, reste considérable, et surtout lucrative compte tenu du goût local pour les véhicules puissants et / ou encombrants généralement mieux marginalisés (FCA y réalise l’écrasante majorité de ses bénéfices). C’était un objectif évoqué en 2018 par Carlos Tavares, mais à partir de là pour l’atteindre (sous la forme d’une nouvelle tentative d’implantation de Peugeot) il restait encore une montagne à gravir. À l’inverse, les actionnaires de FCA ont accès aux ressources technologiques de Peugeot-Citroën dans les véhicules électriques et hybrides, fermant le carnet de commandes chronique de Fiat dans ce domaine.

Enfin, compte tenu de l’histoire flatteuse de Carlos Tavares, qui prend les rênes du nouveau groupe, ils sont même autorisés à espérer une reprise des activités européennes du groupe italien, compte tenu des exploits accomplis sous sa direction dans la reprise de Peugeot. puis Opel.

Comme le souligne AlphaValue, l’enjeu est de taille pour Carlos Tavares, à la tête d’un groupe de plus de 400000 collaborateurs et 14 marques (devant le groupe Volkswagen, qui n’en a « que » douze). Il devra s’attaquer à la capacité de production excédentaire de Fiat en Europe, tout en essayant de revitaliser toute gamme en dehors de la nouvelle 500, de préférence avec beaucoup d’électrification.

Mais l’objectif de pénétrer enfin en Chine, où aucun des deux groupes fondateurs n’a vraiment réussi, devrait également figurer en tête de ses priorités. Une bonne gestion des partenaires locaux sera décisive, ce qui pourrait nécessiter une révision fondamentale des alliances existantes – éventuellement l’abandon de Dongfeng.

« Maintenant que Stellantis a vu le jour, les mois à venir seront décisifs pour répondre aux attentes des investisseurs concernant cette fusion ambitieuse, qui sont bien placés pour juger de la hausse des prix des deux sociétés précédant la fusion et du démarrage réussi. de STLA [code désignant les actions en Bourse] sur les bourses de Milan et de Paris », indique le bureau d’études.

De son côté, AlphaValue choisit de le croire, considérant que l’opération rend le nouveau groupe plus compétitif pour faire face aux enjeux (et aux coûts d’électrification), et adopte un conseil d’achat en vue d’un objectif théorique de 18,10 € par action, pour être ajusté en fonction de la future structure des activités du nouveau groupe telle que définie par Carlos Tavares et ses équipes.

Guillaume Bayre – © 2021 BFM Bourse

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