(BFM Bourse) – Les actions de Tesla sont en baisse constante depuis leur record du 25 janvier, privant Elon Musk du statut de l’homme le plus riche du monde. Ce à quoi le fondateur du groupe répond à sa manière: avec des mèmes, des lols et des allusions coquines.

Le titre Tesla est en «marché baissier», pour reprendre un jargon boursier désignant le fait que le prix d’un actif financier subit une baisse d’au moins 20% par rapport à son point haut précédent. Ce n’est certainement pas la première fois que l’action du pionnier américain du véhicule électrique enregistre une correction de cette ampleur. Même en 2020, où le titre signait la meilleure performance annuelle de son histoire, il y avait plein de trous d’air. Tesla n’avait en aucun cas échappé au crash généralisé de février-mars, perdant plus de 60% en l’espace d’un mois. Repartant, le titre s’est ensuite corrigé de 24% entre mi-juillet et mi-août … Pour mieux rebondir ensuite, avant de reculer de 34% en huit séances seulement début septembre lorsque l’action n’a pas réussi (momentanément) à entrer dans le S&P 500, et encore une fois de chercher de nouveaux records après un bond de 743% sur l’année – et finalement accédé en décembre à l’échantillon de l’indice boursier américain de référence.

En d’autres termes, ces passages sur le marché baissier ont été une bénédiction pour les fans de Tesla: ceux qui ont renforcé leurs positions à ces occasions ont multiplié les opportunités de plus-value. Tant que vous avez le cœur fixé … Car, au risque d’émettre un truisme, la tendance à la hausse de la capitalisation du constructeur californien rend chaque nouvelle phase de correction plus douloureuse. Le 8 septembre, lorsque le titre a chuté de 21% en une seule séance, c’est l’équivalent de 82 milliards de dollars de capitalisation qui s’est envolé: ce mardi où le titre a perdu 12,6% «seulement» ce qui représentait une dépréciation de plus de 90 milliards. ..

Cependant, si la correction actuelle s’explique en partie par une vague beaucoup plus large de rééquilibrage des portefeuilles investisseurs au profit des valeurs cycliques et décotées (au détriment de technologies richement valorisées au regard des perspectives de croissance à long terme), force est de reconnaître que le l’action du propre fondateur Elon Musk ne lui est pas totalement étrangère.

Même si Tesla a fait le choix le mois dernier d’allouer une partie de sa trésorerie à Bitcoin, l’exécutif a admis dans un chat Twitter que le prix de la crypto-monnaie (et de l’Ether) « semblait élevé lol ». Certes, le placement effectué par le constructeur est a priori encore largement gagnant. Mais il n’est pas certain que tous les actionnaires trouvent la correction brutale de la crypto et indirectement du prix de Tesla aussi « drôle » que Musk.

Bien que ce soit d’usage: en mai 2020, le titre avait connu une certaine fluctuation (-10% en séance) alors que le manager avait carrément tweeté qu’il trouvait le prix de l’entreprise « trop ​​élevé ». A titre indicatif, Tesla valait alors environ 140 dollars par action (retraité la scission qui a eu lieu le 1er septembre).

Et le patron fantasque ne semble pas prêt à abandonner ses projections Twitter. Peter Schiff, entrepreneur et économiste fan d’or et tueur de BTC, l’a de nouveau critiqué, notant qu’après avoir placé en bitcoins 1,5 milliard de dollars de fonds apportés par les actionnaires sur le titre avait perdu 20% depuis son sommet historique le 25 janvier ( près de 30% maintenant). Selon Schiff, cela n’inspire pas les autres PDG à faire de même. Ce à quoi Elon Musk a répondu avec un emoji: une aubergine, une morelle très innocente mais fréquemment utilisée sur les réseaux sociaux pour évoquer un phallus. Une préoccupation, selon la théorie psychanalytique classique, typique des enfants de 3 à 7 ans …

Guillaume Bayre – © 2021 BFM Bourse



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